Viacom obtient toutes les bases de données contenant les pseudonymes et adresses IP des visiteurs de Google et Youtube
vendredi 4 juillet 2008 par Zone-7
Ouf ! Ça fait mal ! YouTube et Google se sont fait ordonner mercredi par la cour fédérale américaine de livrer à Viacom toutes leurs bases de données contenant les pseudonymes et adresses IP des utilisateurs.
À chaque fois qu’un clip est visionné, ces données confidentielles sont enregistrées dans un immense journal. Viacom, qui poursuit conjointement YouTube et Google pour 1 milliard $ pour avoir toléré la mise en ligne de contenus lui appartenant, réclamait ces informations pour déterminer combien de fois chaque clip a été vu. Le géant de la télé et du cinéma tente ainsi de prouver que les contenus protégés par des droits d’auteur visionnés sur YouTube sont plus populaires que les clips libres de droits créés par des quidams.
Le jugement, que j’ai lu avec intérêt ici, ne limite pas l’ordonnance aux seuls utilisateurs américains.”La demande visant la production des bases de données de connexion concernant chaque clip vu sur YouTube ou un site tiers est autorisée”, lit-on. On peut donc conclure, chers utilisateurs canadiens, que vos noms d’utilisateurs et adresses IP, tout comme les miens, tomberont entre les mains de Viacom sous peu.
Heureusement, les deux entreprises ont promis de tout faire pour préserver le caractère secret de ces informations personnelles. Tout le monde s’entend, c’est bon signe, d’autant que dans cette affaire, il n’est n’est clairement pas question de viser les utilisateurs individuellement pour leur imposer une amende.
Il reste qu’au total, ce sont 12 terra-octets de données qui devront être livrés à Viacom. 12 terra-octets, c’est 12 fois 1000 giga-octets de données ultrapersonnelles concernant vos habitudes d’écoute sur le populaire site de vidéo. C’est l’équivalent de 3 millions de chansons sur un lecteur MP3 !
Y’a-t-il quelqu’un qui peut m’expliquer pourquoi, alors que les tribunaux tendent de plus en plus à se prononcer en faveur des créateurs de contenus dans ce genre de cause, les YouTube, Facebook, Flickr et autres médias sociaux de ce monde conservent autant de données personnelles sur leurs utilisateurs ? Comment se fait-il que ces entreprises n’aient pas de politique rigoureuse de destruction des données après un certain lapse de temps ?
Comment se fait-il, aussi, que nous acceptions de signer leurs politiques de confidentialité sans même les lire ? Je vous laisse sur cette question hautement philosophique. Pendent ce temps, en bon internaute conscientisé, je vais aller sur Facebook pour mettre mon profil à jour et vérifier mes courriels personnels sur Gmail…








