01/07/2008 : Liberation Strasbourg.fr EDF investit 10 millions d’euros à Fessenheim contre le risque sismique
EDF prévoit un investissement de 10 millions d’euros pour "restaurer les marges de protection sismique" de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin), la
plus ancienne du parc français, dont les prochaines visites décennales par l’Autorité de sûreté nucléaire sont programmées en 2009 et 2010 pour les deux réacteurs du site.
Ces travaux ont démarré le 14 avril, après trente ans de service pour la centrale. L’ensemble des travaux prévus avant les visites décennales, qui ont pour but
de valider le fonctionnement en toute sécurité des réacteurs pour dix années supplémentaires, est estimé à 80 millions d’euros, selon la direction.
Les travaux spécifiques contre le risque sismique, entrepris dans les bâtiments électriques et sur certains équipements, permettront notamment de vérifier des
joints entre bâtiments, de renforcer des supports de réseaux de ventilation et de tuyauterie et de rénover le système de détection incendie, a expliqué mardi Jean-Philippe Bainier, directeur
de la centrale, lors d’une conférence de presse. "On est dans une démarche d’amélioration par rapport aux normes de conception et de construction antisismiques d’il y a 30 ans", a-t-il
indiqué.
La centrale de Fessenheim a été construite pour résister à un séisme égal au double du séisme de Bâle de 1356, d’une magnitude de 6,4 sur l’échelle de Richter.
Depuis sa mise en service en 1977, six séismes de magnitudes 3,4 à 5,5 y ont été enregistrés, mais aucun n’a remis en cause les calculs prévisionnels des sismologues et des ingénieurs, a
expliqué Pierre Labbé, expert EDF en ingénierie sismique. "L’idée est que tout doit rester élastique dans la centrale, et qu’en cas de séisme, on n’ait pas même un carreau de cassé", a-t-il
dit.
Pour Jean-Marie Brom, administrateur du réseau Sortir du nucléaire et ancien élu Vert au conseil municipal de Strasbourg, "la sécurité de la centrale de
Fessenheim est parfaitement illusoire", au contraire. "Le problème de base est que les techniciens, comme les scientifiques, sont encore dans l’ignorance de beaucoup de paramètres concernant
les tremblements de terre", estime-t-il.
Pour l’association écologique allemande Bund, "construire une centrale nucléaire à Fessenheim était irresponsable, continuer à l’exploiter est scandaleux". Les
militants de l’association Stop Fessenheim, qui tentent d’obtenir la fermeture et le démantèlement de la centrale, préparent en ce moment le grand rassemblement antinucléaire prévu à Paris le
12 juillet.
Dans son bilan de l’année 2007, l’Autorité de sûreté nucléaire, chargée du contrôle de l’exploitation des centrales françaises, avait estimé à propos de
Fessenheim que son état était "globalement satisfaisant", tout en pointant des écarts dans l’application des règles générales d’exploitation (voir l’article du 22 mai).
01/07/2008 : Le Journal de Saône et Loire Nicolas Sarkozy doit annoncer le lancement du 2e EPR
Le président de la république jeudi au creusot
Le chef de l’Etat visitera l’une des usines phares du site industriel, l’aciérie du Breuil, sans doute accueilli (par) le patron d’Arcelor Mittal et peut-être
par Anne Lauvergeon, Areva, lesquels finaliseraient un accord pour fabriquer au Creusot le lingot du réacteur à eau sous pression (EPR).
Venu en février 2007, le 6 précisément au Creusot chez Alstom Transport qui fabrique les bogies de train et tramways, et alors qu’il était candidat à la
présidentielle, c’est bien en qualité de Chef de l’État que Nicolas Sarkozy reviendra au Creusot après-demain. Si l’Élysée n’a pas encore communiqué officiellement le programme complet, tout
laisse à penser que le président visitera l’aciérie du Breuil vers 10h30 avant de se rendre à la salle de l’Alto pour prononcer un discours sur la politique énergétique de la France.
Accords Areva, Arcelor et 2e EPR...
Il apparaît en effet probable que les sites du Creusot d’Industeel seraient au centre des échanges avec la signature d’un partenariat avec Areva afin que la
France soit en mesure de fabriquer, et au Creusot, le fameux lingot de plus de 300 tonnes qui constitue la pièce maîtresse de l’EPR.
Devenue «centre névralgique» de l’énergie, en France au moins, la ville du Creusot s’apprête à vivre des moments intenses si d’aventure des accords étaient
finalisés ce jeudi. Ce que tous pensent. La présence d’Anne Lauvergeon, P.-D.G. d’Areva, n’a pas été confirmée et de la même manière on ne sait encore quels seront les ministres présents
autour du président. Le nom de Christine Lagarde circule, elle qui l’avait déjà accompagné lors de sa venue à Mâcon en octobre dernier.
Dans l’entourage du président, on mentionne que Nicolas Sarkozy insisterait «sur la nécessité pour la France d’être proactif en matière de technologies
énergétiques, qu’elles soient du nucléaire bien sûr mais également liées au développement durable, les mâts d’éolienne étant construits au Creusot également ». Le président annoncerait ainsi
la construction du deuxième EPR en France à Tricastin dans la Drôme comme cela a été annoncé dans par nos confrères du Figaro voici quelques semaines.
01/07/2008 : Les Informations dieppoises Déchets nucléaires : la patate chaude
Un projet de nouveau site de stockage pourrait se trouver dans la région dieppoise
Un appel à candidatures a été lancé le 5 juin dernier par le ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de l’Aménagement du Territoire,
à destination de 3 115 communes en France pour accueillir un futur site de stockage de déchets radioactifs. Sur le bassin dieppois plusieurs cantons sont concernés.
Le bassin dieppois, déjà bien fourni en nucléaire, va-t-il accueillir en plus un site de stockage des déchets radioactifs ? Toujours est-il que l’année 2008 «
marque le lancement de la recherche de site pour le stockage des déchets de faible activité à vie longue (FA-VL) » ainsi que le précise en préambule le site Internet de l’ANDRA, Agence
nationale pour la gestion des déchets radioactifs, en charge de ce lourd et épineux dossier.
Ce projet national, encadré par la loi, vient compléter le dispositif de gestion des déchets radioactifs qui repose d’une part sur les trois centres de stockage
existants (dans l’Aube et dans la Manche) pour les déchets de très faible activité (TFA) et pour les déchets de faible et moyenne activité à vie courte (FMA) ; d’autre part sur le projet
de stockage des déchets de haute et de moyenne activité à vie longue (HAVL) étudié au laboratoire souterrain de Bure (Meuse/Haute-Marne).
L’ANDRA, avec l’ouverture de ce nouveau centre de stockage, prévue pour 2019 ainsi que la mise en service du stockage en couche géologique profonde en 2025,
estime que « la France disposera de solutions de stockage sûres et pérennes pour la gestion de tous les déchets radioactifs qu’elle produit ».
Un projet ambitieux et… durable, jusqu’à 100 000 ans. Le ministère de l’Ecologie et l’ANDRA disent vouloir « une démarche ouverte et progressive, fondée sur le
volontariat des collectivités locales dont la géologie est potentiellement favorable ». Dans un premier temps, les maires peuvent faire acte de candidature pour que soient menées les
premières investigations sur le territoire dans le but de vérifier la faisabilité du stockage. Ensuite, à l’horizon 2010, les élus locaux pourront confirmer cette candidature après
concertation locale.
L’ANDRA voit dans ce projet « une véritable opportunité de développement économique et elle propose aux collectivités intéressées de construire et de mettre en
œuvre ensemble un véritable projet pour le territoire. L’Etat et l’ANDRA ainsi que les propriétaires des déchets que sont EDF, le Commissariat à l’énergie atomique, AREVA et Rhodia, les
accompagneront pour faire de ce dossier un projet ambitieux et durable… »
« On a mangé notre pain blanc » Une présentation qu’est loin de partager le réseau Sortir du nucléaire comme le relève son porte-parole national, Stéphane
Lhomme. « Au total, 3 115 communes ont été pré-sélectionnées pour leur montrer ce qui est présenté comme un développement des collectivités… En fait, déjà, en terme de salariés ce sera cinq
emplois pérennes ! La panacée quoi… Ensuite il faut voir qu’il existe une grande quantité de classifications de déchets en fonction de leur taux de radioactivité et de leur durée de vie.
Une durée de vie qui peut aller jusqu’à 100 000 ans ! »
Aux yeux du porte-parole national, la chose est entendue : « Avec le nucléaire nous avons mangé notre pain blanc, nous attaquons maintenant le pain noir…
Ah, on a voulu le nucléaire ces trente dernières années, mais maintenant, que fait-on des déchets ? Et de pointer du doigt ces communes qui n’étaient pas contre la taxe professionnelle qui
dégringolait et qui maintenant verrait bien arriver les déchets chez le voisin… »
Le représentant normand du réseau, Alain Correa, est, pour sa part, largement dubitatif sur la notion de transparence mise en avant par l’Agence : « En
fait il n’y a aucun moyen de savoir quels sont les maires qui ont reçu de tels courriers, nous nous trouvons dans le flou total, comme d’habitude. Il existe bien un numéro vert mais il est à
destination des maires qui seraient intéressés pour accueillir le site ».
Pour lui, la Seine-Maritime dispose de deux sites tout désignés : « Penly ou Paluel, c’est parfaitement logique : ces lieux sont clairement
identifiés, protégés, balisés… Vous verrez, c’est comme d’ordinaire, la décision tombera au cœur de l’été, quand tout le monde sera parti en vacances ».
Les cantons concernés L’ANDRA a officiellement adressé un courrier aux maires des communes susceptibles d’accueillir le futur centre de stockage des déchets
radioactifs, et qui se trouvent dans les cantons suivants : Offranville, Envermeu, Londinières, Aumale, Bellencombre, Darnétal, Forges-les-Eaux, Grand-Couronne, Grand Quevilly,
Longueville-sur-Scie, Maromme, Mont-Saint-Aignan, Saint-Etienne-du-Rouvray, Boos, Sotteville-lès-Rouen, Rouen, Neufchâtel-en-Bray et la commune d’Ancourt.
Le maire d’Envermeu : Oui à l’EPR, non aux déchets Maire d’Envermeu et conseiller général du canton, Gérard Picard dit avoir été destinataire « d’un
courrier qui a été envoyé aux maires qui nous précisait que l’on faisait partie des zones susceptibles d’accueillir des stockages de déchets nucléaires. Gérard Picard ne cache pas qu’il a
laissé le courrier de côté rapidement, tant je me suis dit que, franchement, nous avions déjà une centrale nucléaire à proximité et en partie sur notre canton, que nous n’allions pas avoir
davantage de contraintes… » Aux yeux du conseiller général, « il est nettement plus important de se mobiliser pour accueillir à Penly une ou deux tranches supplémentaires avec l’EPR nouvelle
génération plutôt que d’imposer aux habitants un tel centre. Cela m’a paru très gros quand même ! Il me paraît indispensable de répartir l’ensemble des contraintes sur tout le territoire
et non pas de concentrer sur quelques secteurs surtout que Penly produit de l’électricité pour toute la France… » Et Gérard Picard de l’assurer fermement : « Personnellement, je ne
donnerai pas d’avis favorable ! »