Dimanche 11 mai 2008

A 126 dollars, le baril prêt pour de nouveaux records

dimanche 11 mai 2008 par Zone-7

Elle est comme une histoire sans fin, cette flambée de l’or noir. Pourtant elle en étonne encore. « Nous sommes dans la période où, normalement, les prix se relâchent : c’est la fin de l’hiver, donc la demande en fioul domestique diminue, avant d’entrer dans une nouvelle période de forte consommation avec le trafic des vacances, de juin à septembre et de risques liés aux ouragans dans le golfe du Mexique », explique Raphaël Dubois, gérant d’un fonds de matières premières à la Société générale Asset Management. La fameuse shoulder season des marchés, le creux de la vague tant attendu.

Mais non. Vendredi, le brut a atteint 126 dollars à Wall Street. Même exploit à Londres, où le baril de brent a culminé à 125,90 dollars. Par ricochet, les prix à la pompe multiplient eux aussi les records en France, pour la quatrième semaine consécutive. Si les prix varient d’une station essence à l’autre, le sans plomb 95 coûte désormais en moyenne plus de 1,40 euro le litre, alors que le gazole a atteint 1,33 euro le litre, selon l’Union française de l’industrie pétrolière. Et le Premier ministre François Fillon de plomber encore un peu l’ambiance, en affirmant lundi que « personne ne pense que, sur le long terme, le prix du pétrole puisse baisser ». Et d’exclure l’idée de « subventionner » le prix du pétrole. Ce que font pourtant les Chinois, qui du coup ne perçoivent pas dans leur portefeuille la flambée du pétrole et continuent de consommer sans entrave ce futur produit de luxe.

Fillon n’a sans doute pas tort d’être pessimiste. A en croire Raphaël Dubois, le pétrole ne va pas baisser dans les mois prochains. Cette année, offre et demande ne s’entendent pas. La demande est très bonne, dopée par les Chinois qui n’ont cure de la hausse. Le coup de frein donné par les Américains n’a pas compensé l’envolée de 15 % des importations chinoises au premier trimestre 2008 par rapport à la même période en 2007, explique Raphaël Dubois. La production n’est pas à la hauteur de cet appétit. L’Opep refuse de produire plus, au Nigeria, les rebelles bloquent entre « 500 000 et 600 000 barils par jour », et la Norvège a moins produit en avril qu’en mars. Les tensions avec l’Iran et le Venezuela pèsent aussi sur les cours. Cours soutenus par les fonds spéculatifs, qui misent sur les matières premières quand le dollar flanche.

(Source)
par DR publié dans : ECONOMIE NWO
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