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Vendredi 4 juillet 2008
Téhéran accepterait l’ouverture de négociations avec les 5+1
4 juillet 2008

Un haut fonctionnaire iranien aurait déclaré à des membres du parlement iranien lundi que l’Iran avait accepté de geler son programme d’enrichissement d’uranium pour une durée de six semaines et d’entamer des négociations avec le groupe 5+1 dès la semaine prochaine, selon les comptes-rendus de l’Agence de Presse des Etudiants Iraniens (ISNA) et d’un site web iranien en langue farsi.

Par Gareth Porter, IPS, 3 juillet 2008

Les déclarations effectuées mardi par le ministre des Affaires étrangères iranien Manoucher Mottaki et un haut conseiller de Guide suprême l’ayatollah Ali Khamenei semblent également indiquer qu’aurait été prise la décision d’accepter la proposition de « gel contre gel » du groupe 5 +1, tout au moins pour entamer des négociations préliminaires.

Le groupe 5 +1 est composé des membres permanents du Conseil de Sécurité des Nations Unies - États-Unis, Grande-Bretagne, France, Chine et Russie - plus Allemagne.

Ce qui apparaît comme une évolution de Téhéran intervient dans un climat de menace grandissante d’attaque israélienne contre l’Iran, alimenté par une série de prises de positions israéliennes et américaines au cours des derniers jours.

Le responsable de l’agence iranienne de l’énergie atomique, Gholam-Reza Aghazadeh, a déclaré lundi à des membres du comité de l’énergie du Majlis que l’Iran avait décidé de commencer les pourparlers, selon le site iranien en langue farsi Fararou. Celui-ci rapporte que des « sources informées » avaient précisé que l’Iran acceptait une période de six semaines de gel sur toute extension du processus d’enrichissement d’uranium, comme condition à ces négociations, tel que l’avait proposé Javier Solana, le représentant aux affaires étrangères de l’Union Européenne.

La proposition du groupe 5 +1 offre également de suspendre le processus de renforcement des sanctions de l’ONU contre l’Iran. Elle ne mentionne cependant pas les sanctions organisées en dehors du cadre du Conseil de Sécurité des Nations Unies.

L’agence ISNA a rapporté dans une brève publiée lundi qu’un parlementaire iranien membre du comité de l’énergie, qui n’est pas nommé, avait déclaré que l’Iran « a accepté d’entamer des pourparlers avec le groupe 5 +1 ». Elle a ajouté que les pourparlers « commenceraient la semaine prochaine ».

Bien que l’ISNA n’ait pas fait état de déclarations de ce responsable au sujet d’un gel des activités nucléaires - compris comme une non augmentation du nombre des centrifugeuses en exploitation - elle l’admet implicitement en indiquant que la proposition du Groupe 5 +1 effectuée par Javier Solana le 14 juin « requiert que l’Iran suspende ses activités nucléaires en échange d’un ensemble d’incitations sur le plan économique et de la sécurité ».

La brève de l’ISNA cite sans les nommer des « responsables iraniens » ayant déclaré que « les points communs des deux « paquets » peuvent être une rampe de lancement pour entamer des discussions ».

Le site farsi Fararou identifie comme étant Seyed Admad Hosseini le membre du comité de l’énergie ayant rapporté les propos de M. Aghazadeh tenus devant le comité, selon lesquels les autorités iraniennes ont décidé de négocier avec le groupe 5 +1. C’est également M. Hosseini qui est cité comme ayant déclaré aux journalistes que les pourparlers devraient commencer la semaine prochaine.

Le site Fararou fournit également des détails sur l’exposé de M. Aghazadeh. Il indique que le secrétaire du comité de l’énergie du Majlis, Moayyed Hosseini, a déclaré à un journaliste du site que M.Aghazadeh avait souligné les « aspects positifs » des négociations avec les 5 +1, « y compris le fait que l’Occident acceptait la possession par l’Iran de 3000 centrifugeuses. »

Ces remarquent suggèrent que Téhéran va présenter la proposition de « gel contre gel » comme une concession faite au droit de l’Iran à enrichir l’uranium.

Le site Fararou rapporte des propos du Secrétaire du Comité où celui-ci déclare clairement que la proposition d’un gel de l’enrichissement pour une durée de six semaines « a été acceptée par Téhéran ».

Ce même député aurait également déclaré que le responsable de l’énergie atomique avait affirmé que le « paquet » de propositions des 5 +1 est toujours à l’étude, et que l’Iran répondrait à la fin de la semaine.

La proposition des 5 +1 transmises aux responsables iraniens par le représentant aux affaires étrangères de l’UE Javier Solana le 14 juin est une reformulation de l’offre faite à Téhéran à la mi-2006. Mais elle est accompagnée par la proposition d’une période de six semaines de « gel contre gel » aux termes de laquelle l’Iran ne doit pas augmenter le niveau de son activité d’enrichissement en contre-partie de quoi le P5 +1 gèlerait le processus de renforcement des sanctions contre l’Iran, selon les propos de diplomates en poste à Londres rapportés par Reuters le 21 juin.

Cela permettrait d’entamer des « pré-négociations » entre les deux parties, qui porteraient sur les « paramètres des négociations officielles », selon les diplomates.

Cependant, la tenue de négociations officielles exigerait comme préalable que l’Iran « suspendre complètement » l’enrichissement, ce qui signifie qu’il lui faudrait arrêter temporairement cette activité.

Les négociations officielles prévues dureraient « jusqu’à six mois », selon les diplomates cités par Reuters, au cours desquels cet arrêt de l’enrichissement devrait être maintenu.

Les remarques du secrétaire Hosseini impliquent que l’Iran s’engageait à seulement six semaines de gel de ses activités nucléaires et non à une réelle suspension de l’enrichissement comme il est requis pour l’ouverture de négociations formelles.

Mais les commentaires de M. Mottaki lors d’un déjeuner avec les journalistes à la mission iranienne à New York, suggèrent que les Iraniens pourraient être prêts à aller plus loin.

M. Mottaki a déclaré qu’il y avait suffisamment de points communs entre la proposition de M. Solana au nom des 5 +1 et celles de l’Iran pour les négociations, pour servir de base aux pourparlers. Cette remarque, parallèlement aux propos non attribués signalés par l’ISNA ce lundi, suggèrent que l’Iran s’apprêterait à entrer dans des négociations sur le fond. En outre, M. Mottaki n’a pas de réitéré les habituelles déclarations iraniennes selon lesquelles l’enrichissement est un droit légitime de l’Iran, bien qu’il ait été interrogé à maintes reprises sur ce point.

Une autre indication du désir de l’Iran de tirer avantage de toute ouverture diplomatique dans une période où les menaces de Washington et de Tel-Aviv s’accroissent, a été fournie par les déclarations de M. Ali Akbar Velyati, un haut conseiller politique étrangère de Khamenei : « Les Américains voulaient que l’Iran n’accepte pas [les propositions de] Solana. Par conséquent, nos intérêts impliquent que nous devrions les adopter. »


Publication originale Anti War, traduction Contre Info

Illustration : M. Gholam-Reza Aghazadeh

par DR publié dans : OTAN - ONU - NWO
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Vendredi 4 juillet 2008
Analyse : Que fait la Chine de ses dépenses militaires ?
4 juillet 2008

Comment expliquer l’accroissement des dépenses militaires de la Chine, qui atteignent aujourd’hui 58 milliards de dollars contre un peu plus de 20 milliards récemment, et comment peut évoluer la machine de guerre chinoise dans un proche avenir ?

Par Ilia Kramnik, Novosti, 24 juin 2008

En 2007, on comptait trois leaders mondiaux pour les dépenses militaires : les Etats-Unis (547 milliards de dollars), la Grande-Bretagne (59,7) et la Chine (58,3).

C’est la conclusion tirée par l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI) dans son annuaire 2008 récemment publié. Bien entendu, il y a aussi d’autres évaluations, mais elles ne diffèrent pas beaucoup : la Chine s’est apparemment installée durablement sur la troisième marche de ce classement. La comparaison de la puissance militaire des Etats d’après le niveau de leurs dépenses pour la défense est l’occupation préférée de nombreux centres de recherche et médias. Il est vrai, leurs évaluations sont souvent contestées, notamment par les pays qui font l’objet de ces études. A ce titre, les données d’instituts internationaux tels que l’Institut international d’études stratégiques (IISS) et le SIPRI, spécialisés dans le domaine de la stratégie et des potentiels militaires des différents pays, jouissent d’une popularité particulière.

Comment expliquer l’accroissement des dépenses militaires de la Chine, qui ne constituaient récemment encore qu’un peu plus de 20 milliards de dollars, et comment peut évoluer la machine de guerre chinoise dans un proche avenir ? La réponse à cette question intéresse beaucoup de personnes, et en premier lieu les plus proches voisins de la Chine eux-mêmes.

L’essor économique est le principal stimulant pour l’accroissement des capacités militaires de la Chine. L’économie industrialisée, considérablement orientée vers l’exportation (la Chine devient de plus en plus un "atelier du monde" qui fabrique tout, des fausses fleurs aux automobiles), nécessite une machine de guerre appropriée afin d’assurer sa défense.

Le retard de l’armée chinoise (APL, Armée populaire de libération), observé jusqu’à présent, et ce, en dépit des succès enregistrés ces dernières décennies, est un autre stimulant pour l’accroissement des dépenses militaires. Le nombre relativement imposant de ses effectifs terrestres est estompé par le manque de blindés modernes, la faiblesse de la DCA et la faible mobilité de l’artillerie. Il en est de même pour les forces aériennes : l’essentiel des avions de combat de l’armée de l’air chinoise est constitué de copies d’avions soviétiques datant des années 50, alors que les avions modernes sont encore trop peu nombreux pour peser dans la balance.

En outre, les tentatives de la Chine pour assurer sa propre production d’avions modernes se heurtent aux carences du développement de l’industrie chinoise, qui reste incapable jusqu’à aujourd’hui de produire la majorité des agrégats fondamentaux à un niveau de qualité conforme à celui des principales puissances aéronautiques. Ainsi, les moteurs d’avions de combat chinois sont encore en retard sur les principaux "équivalents" occidentaux et russes tant en matière de rendement que de durée d’exploitation entre les phases d’entretien. Afin de combler ce retard technologique, il faut faire d’importantes dépenses, essentiellement pour la modernisation de l’industrie. Il convient de mentionner également la faiblesse de l’aviation militaire chinoise de transport, qui souffre d’un manque d’avions moyens et lourds.

Le développement des forces navales chinoises est freiné non seulement par les carences de l’industrie, mais aussi par le rôle secondaire réservé à la flotte dans l’organisation militaire de la Chine. A la différence de ce qui se fait dans la plupart des pays développés, la flotte chinoise n’est pas un type autonome de forces armées (forces navales chinoises), mais une arme subordonnée au commandement de l’armée (forces navales de l’APL). Une telle subordination, qui va de pair avec une orientation prononcée vers l’accomplissement de missions pour l’armée, confère à la flotte chinoise un caractère principalement côtier, puisqu’elle est chargée d’agir avant tout dans les eaux territoriales et dans la zone économique des 200 milles. Pour agir dans l’océan, la Chine dispose d’un très petit nombre de sous-marins nucléaires polyvalents et d’avions porteurs de missiles H-6 (Tupolev Tu-16) à stationnement côtier. Cependant, la situation est en train de changer et, selon les prévisions, les forces navales de l’APL seront bientôt dotées des premiers porte-avions de fabrication chinoise, capables d’accomplir des missions en haute mer, s’ils sont bien sûr accompagnés d’un nombre suffisant de navires de classe frégate/destroyer.

De même que les autres puissances nucléaires, la Chine réserve un rôle important, dans sa stratégie, aux forces de dissuasion nucléaire. En ce moment, ces forces sont dotées de nouveaux missiles DF-31A capables d’atteindre des cibles à une distance dépassant 11.000 km. Les nouveaux sous-marins nucléaires lanceurs d’engins de type 094 qui viennent équiper actuellement les forces navales de l’APL se distinguent des anciens SNLE (type 092) par une visibilité réduite, et sont dotés de missiles JL-2 également capables d’atteindre des cibles sur d’autres continents. Selon les estimations des experts, les forces nucléaires stratégiques de la Chine comptent actuellement, au total, 300 à 400 ogives, c’est-à-dire beaucoup moins que la Russie ou les Etats-Unis, mais la situation change graduellement.

Bref, la Chine dispose actuellement de forces armées capables d’atteindre n’importe quels objectifs régionaux, mais, en ce qui concerne les capacités stratégiques - transfert des forces sur de grandes distances, dissuasion nucléaire - elles sont inférieures même à celles des forces armées russes, dont l’état est pourtant loin de pouvoir être qualifié de parfait, et sans parler bien sûr de l’armée américaine. Cette situation se maintiendra au cours des 10-15 prochaines années, car la politique de la Chine ne prévoit actuellement aucune confrontation militaire musclée avec qui que ce soit.


Publication originale Novosti

Illustration : sous-marins de la classe Song

par DR
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Vendredi 4 juillet 2008
Que veut la Chine ? (VO)
4 juillet 2008

« Cet ouvrage amène deux conclusions importantes. La première est que la République Populaire de Chine est plus ouverte et moins dogmatique que ne le pense souvent l’Occident. Le pays est régi par un Parti Communiste autoritaire, mais sa politique n’est pas prédéterminée. L’existence d’un débat intellectuel au sein de la République Populaire de Chine n’implique cependant pas nécessairement une évolution plus libérale. La gauche chinoise semble plus traditionnellement socialiste. Le deuxième point est que ces mêmes forces s’opposent pour le contrôle de la politique étrangère chinoise. Ce n’est évidemment pas la première fois que Beijing voit s’affronter des factions. Mais tout comme l’Occident se demande où va la Chine, la République Populaire de Chine débat elle aussi pour savoir où elle doit aller. Là aussi, le résultat ne sera pas nécessairement plaisant pour les États-Unis, et en particulier pour les néoconservateurs qui souhaitent une hégémonie permanente américaine partout dans le monde, y compris dans l’est Asiatique. » Notes de lecture de Doug Bandow sur l’ouvrage de Mark Leonard.

Readings in the Age of Empire

Par Doug Bandow, AntiWar, 4 juillet 2008

What does China think ? Americans aren’t known for their international sophistication, especially when it comes to complex foreign issues. And there are few more complicated issues than the so-called rise of China.

Almost everything you read about China is true, one of my friends opines, and he’s right. This ancient and fascinating nation has joined the international community with a dramatic flourish, and no one really knows where the so-called rise of China is going to lead. But without doubt the end of this century is going to look very different from the start, and much of that difference is going to reflect the enhanced influence if not dominance of China - culture, wealth, foreign policy, and military capability.

Mark Leonard has produced a thin but important book. For he asks the question, what are the Chinese themselves saying about China’s rise ? He finds no unanimity among leading intellectuals. In an admittedly cursory review of a complex kaleidoscope of views, he explores economic and political philosophies of both "right" and "left," as well as foreign policy views ranging between hard-line nationalist and squishy internationalist.

His work suggests two important conclusions. The first is that the People’s Republic of China is more open and less doctrinaire than often thought in the West. The authoritarian Communist Party rules, but how it rules is not preordained. The existence of an intellectual debate within the PRC doesn’t necessarily mean a more liberal outcome, however. The Chinese left, as it were, looks more traditionally socialist, though without the murderous madness of totalitarianism.

The second point is that similar forces are contending for control of Chinese foreign policy. This obviously isn’t the first time that Beijing has been rife with factions. But just as the West is wondering where China is going, the PRC is debating where it should go. Again, the result won’t necessarily please the U.S., and especially the neoconservatives who imagine permanent American hegemony everywhere, including in East Asia.

Yet these internal differences dramatically demonstrate that China’s era of paramount political leadership is over. A colorless bureaucratic and collective leadership isn’t likely to suddenly implement Westminster-style parliamentary democracy and Western-style free speech, but it also is likely to be cautious in expanding Chinese influence abroad. This could change, of course, but no new Mao Zedong appears to be poised on the horizon.

All of this matters because China matters. It seems like a lifetime ago when the Berlin Wall fell and we were told History Had Ended. The U.S. and the Western model were going to be everywhere triumphant, and the world was about to enter a new halcyon age of democratic capitalism.

Those were the days !

That world has ended. The U.S. and Europe have diverged on key questions. Moreover, writes Mark Leonard, of the European Council of Foreign Relations, "The Russian credo of ’Sovereign Democracy’ and the Islamist dream of theocratic rule already pose a serious challenge, even if they may yet turn out to be temporary phenomena."

But the big cahuna, the potential peer competitor, the likely world-changer, is "China, with its vast size, its economic dynamism, and the political skill of its leaders that is the most serious contender for the global leadership in the long term," Leonard explains. China the state still faces enormous pitfalls - social unrest, economic instability, political struggle. But China the culture and China the people have before been great and almost certainly again will be great, whatever the national context of their achievements.

What they will achieve, however, is not so clear.

The first major theme, which accounts for the first half of the book, is that the PRC’s acceptance of Western- and American-style globalization is by no means unanimous. Leonard writes : "A growing body of Chinese thinkers believe that since their country crawled out of the chaos of the Cultural Revolution, it has simply replaced the shadow of Maoism with another fundamentalist philosophy : the cult of the United States of America."

That might seem unreal to Americans, who criticize China’s human rights practices, worry about Chinese economic competition, and look askance at Beijing’s military build-up. But Leonard talks with nationalists who propagate a philosophy which he terms a "Walled World."

The first part of this view is a return to socialism, or at least a planned economy. So-called "New Left" intellectuals denounce Beijing for being despotic while failing to govern : "almost all of the problems hampering China’s reforms - corruption, overheating of the economy, bad investment, non-performing loans, low levels of domestic consumption and growing inequality - had come about because the central government was too weak, rather than too strong," writes Leonard.

Indeed, he makes an important point often lost in the West. While there were students and intellectuals in Tiananmen Square demanding political reform, they were joined by "a wider group of workers who came to the square with more concrete social and economic demands ... triggered by mounting discontent about the radical market reforms of 1988 which had set off rocketing inflation and inequality." These protestors were, if anything, anti-globalization and anti-Westernization, rather like some of the opponents of globalization in Europe and elsewhere.

There have always been intellectuals in favor of economic collectivism. More surprising is the rise of an anti-democracy movement among the intelligentsia. In the early reform years, intellectuals debated the usual political reforms involving multi-party elections and constraints on government. For many intellectuals today, however, writes Leonard, "Reform is less seen through the prism of human rights and freedom, than the question of how to increase the legitimacy of the ruling Communist Party. Instead of trying to develop a Chinese variant of liberal democracy, many intellectuals are looking for a different model altogether."

That an expanding urban elite might fear a peasant-dominated democracy should surprise no one, and the equation of democracy with chaos is not unique to China. But just as the PRC might very well fall short of Western-style capitalism, so it might fall short of Western-style democracy. China has changed much and will continue to change. However, it is possible that the world’s dominant power will eventually be proudly authoritarian and modestly collectivist, rather than liberal democratic and largely capitalist. The impact on the rest of the globe of such a phenomenon likely would be profound.

How so is the subject of the final section of What does China Think ? What kind foreign policy is China likely to conduct ?

The Chinese "must be the most self-aware rising power in history," Leonard writes. This might be why they have worked so hard to underplay their influence, at times sounding almost obsequious in emphasizing the PRC’s "peaceful rise." This, in turn, Leonard contends, "provoked a counter-attack from the assertive nationalists in Beijing’s universities," whom he terms the "neo-comms."

This faction is the equivalent of America’s militaristic neocons. Leonard quotes one Chinese professor as dismissing the internationalists as appeasers. While China should do all it can to avoid war, Yan Xuetong "argues that no great nation in history ever rose in peace." Neither of these ideological camps appears to be ascendant. As in America, there are pragmatists in the PRC as well.

Moreover, Beijing is watching the U.S. and learning from its experience. Ironically, at a time when American neocons dismiss the importance of "soft power," China is ramping up its campaign to gain influence through cultural and economic means.

This doesn’t mean military power is irrelevant to the PRC. Far from it. But while American neocons want to spend whatever it takes, however many trillions of dollars, to preserve America’s ability to rule the globe, the Chinese have embarked on a far cheaper strategy to prevent permanent U.S. hegemony.

Writes Leonard :

"While [Rear Admiral] Yang Yi rarely misses an opportunity to argue for increasing Chinese military spending, he does not want Beijing to get into an arms race with the USA. It has become a truism in Chinese circles that the former Soviet Union spent itself into oblivion by being lured into a competition for military primacy. So rather than trying to match the USA’s military machine plane for plane and bomb for bomb, the Chinese approach is to go for an ’asymmetrical’ strategy of finding and exploiting the enemy’s soft spots. ’Asymmetrical warfare’ has been voguish in Western military circles for a long time. It has traditionally been used to describe how terrorists can take on and defeat standing armies, in the same way that David took out Goliath. However, the Chinese have taken this debate far beyond the techniques of terrorism. Chinese intellectuals and military planners have created a cottage industry of devising strategies for defeating a ’technologically superior opponent’ (their preferred euphemism for the USA)."

This puts the U.S. in an exquisite dilemma. Spend wildly, as proposed by the neocons, to try to maintain the overwhelming military edge necessary to successfully intervene along the PRC’s borders ? Or accept that Washington no longer can dictate to Beijing ? China is likely to be a particularly effective competitor because it is sophisticated and takes a long view.

Just as the West wants to "manage" the PRC’s rise, Beijing wants to "manage" the West’s decline, argues Leonard. While we don’t know where it will all lead, China’s growing role as an alternative model has helped stall the drive towards Western universalism. The point is not just that one-fifth of the world’s population may be embarked on a very different course. But, suggests Leonard, "The story of the next thirty years will be about how a more self-confident China reaches out and shapes the world."

We already see the PRC’s influence at work in such countries as Burma, Sudan, and Zimbabwe, and the result isn’t pretty. For Beijing does not share the West’s abhorrence of autocracy.

As unsettling as is Leonard’s thesis, it does have at least one positive conclusion - for the West, at least. If the 21st Century is the Chinese Century, that does not mean Chinese dominance so much as shared dominance along with America and Europe. American and European power inevitably will recede, but the West’s influence will live on for many years.

"Beijing’s ascent has already changed the balance of economic and military power, and is now changing the world’s ideas about politics, economics and order," writes Leonard. And it is doing so by offering an alternative geopolitical model.

The rise of this China - as opposed to the China that was supposed to arise, a capitalist and democratic disciple of the West - will pose an enormous challenge to the established order. The outcomes are unpredictable and not necessarily benign. But peaceful accommodation is possible, so long as Washington, in particular, recognizes that the so-called unipolar moment is quickly passing, and there may soon be two "essential" nations.


Publication originale AntiWar
par DR
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Vendredi 4 juillet 2008

Des procès-verbaux de la Réserve fédérale américaine montre l'ampleur de la crise de Bear Stearns


Même s'ils sont écrits dans une langue bureaucratique insipide, les procès-verbaux des réunions d'urgence du conseil de la Réserve fédérale, la banque centrale des Etats-Unis, qui ont eu lieu le 14 et le 16 mars et qui ont été publiés le vendredi 27 juin, donnent un aperçu de la crainte qui tenait les autorités financières alors qu'il était devenu évident que la banque d'investissement Bear Stearns était sur le point de s'effondrer.



Des procès-verbaux de la Réserve fédérale américaine montre l'ampleur de la crise de Bear Stearns
Par Nick Beams


La Réserve fédérale a été impliquée dans cette affaire le 13 mars, le jour où Bear Stearns lui a annoncé en même temps qu'à d'autres agences gouvernementales que l'état des ses liquidités était mauvais et qu'elle devrait déclarer faillite le lendemain à moins que l'on ne trouve d'autres sources de financement. Les difficultés de Bear Stearns devenaient de plus en plus aiguës depuis le mois de juin 2007 après que deux importants fonds spéculatifs (hedge funds) qui lui appartenaient se soient effondrés, environ 1,6 milliard $ appartenant aux investisseurs s'évaporant.

Le conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale s'est réuni à 9h15 le matin suivant pour donner son aval à l'opération de soutien. Comme le procès-verbal l'explique, la crainte était bien réelle que le système financier dans son ensemble fut sur le point de s'effondrer.

« Les membres du conseil ont décidé qu'étant donné la condition fragile des marchés financiers au temps présent, la position importante de Bear Stearns dans ces marchés et la contagion attendue qui résulterait de la faillite immédiate de Bear Stearns, la meilleure voie qui s'ouvre à nous est d'offrir un financement temporaire d'urgence à Bear Stearns au moyen d'un arrangement avec JPMorgan Chase & Co. aussi basé à New York. Un tel prêts facilitera les efforts pour résoudre la situation dans laquelle se trouve Bear Strearns qui aidera à préserver la stabilité financière », peut-on lire dans les procès-verbaux.

Non seulement le conseil a-t-il autorisé un prêt à Bear Stearns en passant par JPMorgan Chase, mais il a aussi décidé de libérer des fonds de façon plus générale.

Le procès-verbal note qu'«étant donné les circonstances inhabituelles et exigeantes », le conseil autorise la Réserve fédérale basée à New York, en consultation avec le président de la Réserve, Ben Bernanke, à offrir un financement « aux autres courtiers de premier rang, lorsque la Réserve considérera que des prêts suffisamment accommodants ne sont pas disponibles à l'emprunteur auprès des autres institutions bancaires ».

En d'autres mots, le conseil craignait que l'effondrement de Bear Stearns ne provoque une crise générale de confiance dans tout le marché financier qui mènerait à une crise du crédit.

Cette réunion avait été appelée si hâtivement que le conseil n'a pu convoquer cinq gouverneurs tel que requis par le règlement le régissant. Il a dû invoquer des pouvoirs d'urgence pour pouvoir prendre des décisions malgré la présence de quatre gouverneurs seulement.

Le président de la Réserve fédérale a discuté de la possibilité d'un effondrement financier aux Etats-Unis et dans le monde dans le plus récent témoignage qu'il a donné au Congrès américain sur la crise. Parce que Bear Stearns était très impliquée dans une « large spectre de marchés essentiels », a-t-il dit, sa faillite soudaine « aurait fort probablement entraîné une réaction en chaîne dans ces marchés et aurait pu ébranler la confiance. La faillite de cette compagnie aurait aussi pu semer le doute sur la solidité financière de certains des milliers de partenaires de Bear Stearns et peut-être d'autres compagnies dans le même secteur.

« Étant donné les pressions exceptionnelles sur l'économie mondiale et sur le système financier, le dommage causée par une faillite de Bear Stearns aurait pu être très sérieux et extrêmement difficile à contrecarrer. De plus, l'impact adverse d'une telle faillite ne serait pas limité au système financier, mais aurait été largement ressenti dans l'économie réelle par ses effets sur la valeur des actifs et la disponibilité du crédit. »

L'ampleur de l'implication de Bear Stearns dans les « marchés essentiels » est démontré par le fait qu'elle était impliquée dans des contrats avec d'autres firmes à travers le monde pour un total de 2,5 billions $.

Malgré leur ampleur, les décisions de la Réserve fédérales du 14 mars n'ont pas été suffisantes pour mettre un terme à la crise et le conseil des gouverneurs a dû se réunir de nouveau l'après-midi du dimanche 16 mars dans le but d'arranger la vente de Bear Stearns à JPMorgan Chase. Le point crucial de cette entente a été la décision de la Réserve fédérale de faire un prêt à Bear Stearns qui prendrait en garantie pour 30 milliards de ses actifs. Jamais auparavant la Réserve fédérale avait-elle acceptée des actifs hypothécaires en contrepartie d'un prêt.

Mais l'action sans précédente était centrale pour l'entente par laquelle JPMorgan Chase se portait acquéreur de Bear Stearns. Comme le PDG Jamie Dimon a plus tard témoigné, « Nous n'aurions pas pu ni voulu prendre le grand risque d'acquérir Bear Stearns sans les 30 milliards de la Réserve. »

Et si l'entente n'avait pas été conclue, il y avait une possibilité de voir l'effondrement du système financier mondial le lundi matin, à l'ouverture des marchés asiatiques qui n'étaient qu'à quelques heures.

Selon le procès-verbal : « Les données qu'avaient le conseil indiquaient que Bear Stearns aurait de la difficulté à rencontrer ses obligations financières le prochain jour d'affaires. Un soutien important, tel que l'acquisition de Bear Stearns ou une garantie immédiate pour ses obligations de paiement était nécessaire pour éviter le bouleversement des marchés. »

Le prêt de 30 milliards $ n'est pas la seule mesure extraordinaire de l'entente. La Réserve a aussi octroyé à JPMorgan Chase une exemption de 18 mois des exigences de la Réserve fédérale en ce qui concerne le capital en ce qui touche l'acquisition de Bear Stearns.

De plus, le procès-verbal expliquait la décision prise deux jours auparavant de permettre à la Banque de la Réserve de New-York d'offrir un prêt à tous les courtiers de premier rang. Ces courtiers auraient accès à ce nouveau crédit par leurs banques de compensation (banques offrant des prêts industriels à court terme). La décision d'offrir un crédit aux courtiers de premier rang était « basée sur des développements récents et qui évoluaient rapidement » qui avaient montré qu'il y « avait un aggravement dans une large gamme de marchés financiers dans lesquels les courtiers de premier rang se finançaient eux-mêmes » et que « les courtiers pourraient avoir de la difficulté à obtenir le financement nécessaire pour leurs opérations d'autres sources ».

Trois mois et demi plus tard, la crise immédiate entourant Bear Stearns est passée. Mais cela ne signifie pas que la crise du système financier mondial et américain, largement décrite comme la plus importante depuis les années 1930, est presque terminée. En fait, ce ne pourrait être que le commencement alors que la chute du marché de l'immobilier se traduit par un ralentissement économique aux Etats-Unis.

L'ancien secrétaire américain au Trésor, Lawrence Summers, a noté dans un texte qui fut publié le 30 juin dans le Financial Times : « La possibilité est bien réelle que nous traversions maintenant le plus dangereux instant depuis que la crise financière américaine a débutée en août dernier. Une augmentation impressionnante des cours du pétrole et d'autres marchandises a ébranlé la confiance du consommateur américain et a soulevé de grandes inquiétudes envers l'inflation, ce qui limite ce qui peut être réalisé au moyen d'une politique monétaire en réponse au secteur financier qui, à en juger par la valeur des actions, est à son point le plus bas depuis le début de la crise. Alors que la valeur des maisons continue à diminuer et qu'il est de plus en plus probable que les problèmes font tache d'huile dans les secteurs de la construction et du crédit aux consommateurs, il y a une réelle possibilité que l'économie chancelante nuise au système financier, ce qui affaiblirait l'économie encore plus. »

Summers a dit qu'après une période d'intense activité plus tôt cette année, « la politique est de nouveau dépassée ».

Mettant en garde contre la possibilité réelle que « des institutions financières de haut calibre n'auront pas que des problèmes de liquidité, mais bien de solvabilité » dans les mois qui viennent, il a appelé pour une nouvelle agence législative qui aura pour fonction d'assurer que les régulateurs auront les pouvoirs nécessaires pour faire face à la crise. « Nous avons été chanceux d'avoir pu trouver un partenaire naturel pour une fusion avec Bear Stearns lorsque cette dernière a fait faillite. Nous pourrions ne pas être aussi chanceux la prochaine fois. »

Vendredi 04 Juillet 2008

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par DR publié dans : ECONOMIE NWO
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